Colloque de Sorèze 2005;
Cinéma
et identités collectives
Les 10, 11 et 12 février 2005
Programme
et présentation par P.Arbus & F. Bousquet
Le Laboratoire de Recherche en Audiovisuel, composante de
l'Ecole Supérieure d'Audiovisuel (ESAV) de l'Université
de Toulouse 2, organise pour la troisième année
consécutive, avec le soutien du Conseil Régional
de Midi-Pyrénées, un colloque consacré
à une problématique spécifique liée
au Cinéma et à l'audiovisuel, en France et
à l'étranger.
Cette
manifestation se déroule chaque année en l'Abbaye
Ecole de Sorèze (Tarn), dans le courant du mois de
février. Elle offre à une vingtaine de chercheur
l’occasion de présenter un bilan momentané
de ses travaux dans la perspective d’un échange
avec d’autres chercheurs et public présents.
Les
interventions donnent lieu par la suite, sur proposition
du Comité Scientifique, à publication dans
un numéro spécial de la revue ENTRELACS, version
papier ou en ligne, publiée par le Laboratoire de
Recherche en Audiovisuel et l'ESAV.
Plusieurs
axes de travail sont généralement déterminés
à partir d'une thématique initiale, pour fédérer
les débats durant les trois journées. Ils
sont choisis en rapport avec les questions que soulèvent
aujourd'hui les pratiques et projets en cours ou à
venir, dans les domaines de la création / recherche,
dans l'enseignement de l'audiovisuel en France et à
l'étranger.
Les intervenants sont invités à partager,
dans le cadre exceptionnel d’une abbaye du XIème
siècle, cet instant de la réflexion et de
l'échange, dont les débats, publiés
ultérieurement sous forme d'actes du colloque, peuvent
constituer ressource et documentation pour la mise en oeuvre
de questionnements et de projets nouveaux.
Bienvenue,
donc, à la troisième édition du Colloque
de Sorèze, et merci, une fois encore, à tous
ceux qui, par leur dévouement, contribuent chaque
années à le pérenniser.
Pierre
Arbus,
Responsable du Colloque de Sorèze
Cinéma et identités collectives, 10, 11 et
12 février 2005.
Pour
ce troisième colloque organisé par le LARA
(Laboratoire de Recherche en Audiovisuel de l’Université
Toulouse II) à l’Abbaye école de Sorèze
les 10, 11 et 12 février 2005, nous avons choisi
de nous préoccuper du couple cinéma-identité
collective, dont les noces remontent à plus d’un
siècle. Intimement liée à l’état
des techniques et à l’économie des représentations
à la fin du dix-neuvième siècle, la
naissance du cinématographe s’est en effet
inscrite dans un contexte d’affirmation mondiale des
identités nationales. Les films ont ainsi immédiatement
témoigné des préoccupations identitaires
collectives, et les cinématographies ne se sont alors
définies que par rapport à un pays, à
un peuple ou à une communauté, c’est-à-dire
par rapport à un sentiment d’appartenance nationale.
En retour, de nombreuses entités étatiques
ont utilisé le cinéma en tant que moyen de
légitimation de leur existence. L’image filmique
est, de ce fait, venue donner corps à une fiction
politique identitaire dont elle s’est elle-même
servie pour prendre forme. En ce sens, le cinéma
et la nation ont toujours été complémentaires
et se sont réciproquement nourris.
Aujourd’hui,
la question nationale semble être devenue un cadre
trop étroit, tant de notre côté de l’océan
Atlantique, où la volonté d’union européenne
se conjugue avec la décentralisation renforcée
de puissantes entités régionales, que de celui
des États-Unis qui, politiquement mais surtout culturellement,
cèdent souvent à une certaine tentation impériale
en s’imaginant et en se projetant comme une société-monde.
En outre, échappant de plus en plus au diktat étatique,
la définition de l’identité devient
fluctuante, multiple. D’ailleurs le marché
ne s’y trompe pas, qui, à travers chaînes
thématiques, magazines, sites web et films de niche,
cherche à développer des convergences avec
les différentes revendications communautaires agitant
nos sociétés. C’est pourquoi le cinéma,
média travaillé intrinsèquement par
la problématique de l’identité collective,
nous apparaît plus que jamais au centre de toutes
les interrogations portant sur la capacité de la
culture à rendre compte de l’existence des
sentiments d’appartenance contemporains. La question
centrale de ce colloque concernera donc la participation,
passé et présente, du cinéma à
la création et au renforcement des identités
collectives. Peut-on encore parler d’un cinéma
américain à l’heure où les productions
sont avant tout pensées pour un marché mondial
? Tout cinéma national est-il soluble dans la mondialisation
économique ? L’identité collective est-elle
un facteur primordial dans la construction d’une cinématographie
? Un film est-il définissable par le pays d’origine
des capitaux investis dans son financement, par ses territoires
de distribution, par la personnalité de son réalisateur
ou seulement par le public qu’il est susceptible de
rencontrer ? La notion d’exception culturelle est-elle
autre chose que la revendication corporatiste d’une
profession maîtrisant particulièrement bien
la résonance médiatique ? Existe-t-il des
liens entre les idées d’auteur et d’œuvre
d’art et les prises de position inhérentes
à l’expression d’une identité
collective ? Quelle est la place du cinéma militant
dans l’histoire des revendications identitaires ?
Est-ce toujours un engagement actuel ?
Cinq
axes forts, qui ont déterminé la structuration
du colloque en autant de thèmes développés
lors de demi-journées, se sont dégagés
des préoccupations des chercheurs. À l’intérieur
du premier c’est la question de la nation qui sera
débattue. Le second sera occupée par une réflexion
sur le cas des Etats-Unis. Le troisième prendra en
compte la question de l’utilisation du cinéma
comme moyen d’expression de revendications particulières.
Le quatrième axe s’intéressera à
la question des genres cinématographiques dans leur
rapport à l’identité collective. Enfin
le cinquième axe sera pour nous l’occasion
d’interroger les affirmations concernant les exceptions
et la diversité des cultures à l’épreuve
de la mondialisation.
Franck
Bousquet, coordinateur scientifique du colloque.
Comité
Scientifique :
Francis Bordat (Professeur de Civilisation américaine
à l´Université Paris X), Guy Chapouillié
(Professeur de Cinéma et Directeur de l´ESAV),
Suzanne Guigues (Professeur de Cinéma à l´Université
Lille III), Jean-Louis Leutrat (Professeur de Cinéma
à l´Université Paris III), Natacha Laurent
(Déléguée générale de
la Cinémathèque de Toulouse), Pierre Molinier
(Professeur en sciences de l´information et de la
communication, Université Toulouse II), Serge Regourd
(Professeur de Sciences Politiques à l´Université
Toulouse I), Melvyn Stokes (Professeur en Histoire du Cinéma
et Civilisation américaine à l´University
College of London).
Programme du Troisième Colloque de Sorèze
:
Cinéma et Identités collectives.
Jeudi
10 février 2005
Matinée
: La nation en question
Modérateur
: Guy Chapouillié
10 heures
Ouverture du Colloque : Guy Chapouillié - Franck
Bousquet
10 heures
40
Amanda Rueda, Doctorante en communication, Université
Toulouse II.
« Qualité internationale » et «
enquête identitaire » : le lieu d’énonciation
dans les cinémas contemporains
11 heures
20
Claire Châtelet, Docteur en études cinématographiques,
Université Toulouse II.
Dogme 95 : un modèle international et « métaculturel
» au-delà des stratégies d’appartenance
nationale
12 heures
Alexandre Tylski, Doctorant en études cinématographiques,
Université Toulouse II.
Le Couteau dans l’eau (1962) de Roman Polanski, rupture
esthétique et politique décisive dans l’histoire
du cinéma polonais
12 heures
40
Svetlana Dimitrova, Doctorante en communication, EHESS,
Paris.
Quand les contextes deviennent plus importants que les textes
: le cas-us de Vreme razdelno
13 heures
30
DEJEUNER
Après-midi
: L’affirmation américaine.
Modérateur
: Franck Bousquet
14 heures
30
Michel Chandelier, Docteur en études cinématographiques,
directeur du CIAM, Université Toulouse II.
Cinéma Présidentiel et Identité Américaine
(1991-2000)
15 heures
10
André Kaenel, Maître de conférences
en civilisation américaine, Université Nancy
II.
Hollywood et le siècle américain.
15 heures
50
Alain Servel, Docteur en histoire, Maître de conférences
en anglais, Université d’Avignon.
Paris & la France comme miroir inversé de l'identité
américaine
16 heures
30
Clémentine Tholas, doctorante en civilisation américaine,
Université Paris III.
La Destinée Manifeste du CInéma Muet aux Etats-Unis
17 heures
10
Claude LeFlohic, Maître de conférences, école
des Mines, Nancy.
Les ambiguïtés idéologiques et formelles
du cinéma rural américain
Vendredi 11 février 2005
Matinée : Des revendications identitaires.
Modératrice
: Natacha Laurent.
10 heures
Isabelle Marinone, Docteur en histoire et esthétique
du cinéma, Université Paris I.
Cinéma et Anarchisme en France, une identité
politique à travers le 7ème art
10 heures 40
Marianne Blidon, Doctorante en géographie, Université
Paris VII.
Regards croisés sur l’identité homosexuelle
au cinéma.
11 heures 20
Hélène Fleckinger, Doctorante en Etudes cinématographiques,
Université Paris I.
«Quand les femmes ont pris la colère»
:Féminisme et cinéma militant (France, années
1970)
12 heures
François Backmann, Doctorant en science politique,
Uiversité Paris I, Directeur des études qualitatives
IPSOS.
« Un Missionnaire »(1955) ou l’échec
d’un certain cinéma catholique.
13 heures
DEJEUNER
Après-midi : A l ‘épreuve de la mondialisation.
Modérateur : Serge Regourd
14 heures
Graham Hayes, Nottingham Trent Unversity, RU
Diversité, pluralisme, et exception culturelle: la
régulation des multiplexes comme stratégie
de constitution de ‘champions nationaux’
14 heures 40
Indira Iakovenko, doctorante en communication, Université
Nice-Sophia Antipolis.
La production cinématographique russe confrontée
à la mondialisation : ses stéréotypes
et évolutions
15 heures 20
Anouar Trabelsi, docteur en communication, enseignant à
l’Université de Tunis.
L'identité du film tunisien face à de la coproduction
internationale : Etude du cas de Bezness de Nouri Bouzid.
16 heures
Olivier Vaslet, docteur en communication audiovisuelle,
Université Toulouse II.
Pour une démythification identitaire de l’exception
culturelle.
16h40
Laurent Marie, docteur en communication, enseignant à
UCD, Dublin.
PCF et cinéma français: la difficile définition
du cinéma national
Samedi 12 février
A travers les genres
Modérateur
: Pierre Arbus
9 heures 30
Pierre-Olivier Toulza, doctorant en études audiovisuelles,
chargé de cours à l’Université
Paris III.
USA, RFA : le mélodrame et les identités nationales
10 heures 10
Yannick Dehée, Docteur en histoire, IEP de Paris,
fondateur des Editions du Nouveau Monde.
Films de genre et mythes nationaux français.
10 heures 50
Annie Kosmicki, docteur en études audiovisuelles,
enseignante à l’Université de Corte.
Films policiers français ou films noirs ?
11 heures 30
Rodrigo Valverde, Doctorant en Géographie, Université
Federale de Rio de Janeiro / Université de Pau.
Le rôle du décor dans le cinéma brésilien
:Transformations de l’identité nationale
12 heures 10
François-Xavier Molia, Doctorant en études
cinématographiques, Université Paris X.
L’Amérique au miroir de ses peurs : films-catastrophe,
communautés en crise et solutions politiques.
13
heures
Déjeuner